M45, l’amas des Pléiades, est un groupe d’étoiles jeunes et chaudes visibles à l’œil nu dans le Taureau, sous la forme d’un petit chariot d’astres serrés que l’on confond parfois avec la Petite Ourse. C’est l’un des très rares objets du ciel profond qui se donne d’emblée, sans instrument. Aux jumelles, il devient une constellation miniature de plusieurs dizaines d’étoiles bleutées ; au télescope, il déborde presque toujours du champ.
Ce que vous verrez
À l’œil nu, un observateur ordinaire compte cinq à sept étoiles, davantage sous un ciel de haute qualité. Aux jumelles, l’amas est superbe : les composantes principales dessinent une figure nette, entourées d’une poussière d’étoiles plus faibles. Au télescope, en revanche, seul un très grand champ le contient entièrement ; avec un instrument à longue focale, on n’en voit qu’un fragment et l’effet d’ensemble disparaît.
Les Pléiades constituent une exception partielle à la règle de l’absence de couleur. Leurs étoiles principales sont assez brillantes pour solliciter la vision colorée, et beaucoup d’observateurs leur trouvent une nuance froide, légèrement bleutée. En revanche, le voile de nébulosité bleue qui enveloppe l’amas sur les photographies ne se voit pratiquement pas : son éclat de surface est très faible, et l’œil, qui travaille avec ses bâtonnets en faible lumière, ne le restitue ni en couleur ni en contraste. Ce que vous verrez, c’est un champ d’étoiles, pas un nuage bleu.
Repères
| Désignation | M45 |
| Type d’objet | Amas ouvert |
| Magnitude apparente | 1,6 |
| Taille apparente | 110′ |
| Ascension droite (J2000) | 3 h 47 min 24 s |
| Déclinaison (J2000) | 24° 07′ 00″ |
| Hauteur maximale depuis 47° N | 67,1° |
| Grossissement conseillé | 20 à 40 × |
Avec une magnitude apparente de 1,6, M45 est l’un des objets les plus lumineux du catalogue Messier, et sa taille de 110′ dépasse celle de trois pleines Lunes alignées.
Quand l’observer
| Mois | Hauteur | Azimut | Direction |
|---|---|---|---|
| Janvier | 64,1° | 213,5° | sud-sud-ouest |
| Février | 47,1° | 254,2° | ouest-sud-ouest |
| Mars | 28,5° | 275,9° | ouest |
| Avril | 18,1° | 286,4° | ouest-nord-ouest |
| Octobre | 17,0° | 72,5° | est-nord-est |
| Novembre | 47,7° | 106,5° | est-sud-est |
| Décembre | 64,1° | 146,2° | sud-est |
La meilleure soirée se situe en janvier, avec l’amas à 64,1° de hauteur vers le sud-sud-ouest à 22 h. Décembre offre exactement la même hauteur, mais plus à l’est. En avril ou en octobre, M45 tombe autour de 17 ou 18° : à cette altitude, la lumière traverse une épaisseur d’atmosphère bien plus grande, ce qui trouble l’image, en atténue le contraste et lui donne une teinte rougie. L’amas reste identifiable, mais il perd la finesse de ses étoiles.
Les valeurs correspondent à 22 h le 15 de chaque mois. Le décalage naturel du ciel est d’environ quatre minutes par jour, soit deux heures par mois : la configuration de 22 h le 15 janvier se retrouve vers 20 h le 15 février, et vers minuit le 15 décembre. Le ciel d’hiver réunit d’ailleurs les Pléiades et la plupart des autres objets brillants de la saison.
Comment le trouver
Aucune carte n’est nécessaire. Prolongez vers le nord-ouest la ligne formée par les trois étoiles de la Ceinture d’Orion : elle mène d’abord à Aldébaran, l’étoile orangée qui marque l’œil du Taureau, au bout du V des Hyades. Continuez dans la même direction sur une distance comparable, et vous tombez sur un petit groupe d’étoiles serrées, immédiatement reconnaissable. Ce sont les Pléiades.
Quel grossissement employer
Visez 20 à 40 ×. Pupille de sortie de 4 à 6 mm, et cherchez le plus grand champ possible. Le grossissement vaut la distance focale de l’instrument divisée par celle de l’oculaire : 900 mm avec un oculaire de 32 mm donnent environ 28 ×. La pupille de sortie se calcule en divisant le diamètre de l’instrument par le grossissement ; à 28 × sur un 150 mm, elle vaut un peu plus de 5 mm, ce qui convient bien à un champ étoilé.
Le grossissement maximal exploitable dépasse rarement deux fois le diamètre en millimètres, et la turbulence atmosphérique intervient le plus souvent bien avant cette limite. Pour un autre objet d’hiver où le grossissement compte davantage, voyez la fiche de M42, la Grande Nébuleuse d’Orion, ou parcourez le catalogue des objets célestes.
Avec un instrument de 80 mm
Les observations décrites sur ce site sont faites avec un instrument de 80 mm de diamètre et 900 mm de distance focale. Sur un tel instrument, le grossissement maximal exploitable tourne autour de 160 ×, et la turbulence atmosphérique le ramène le plus souvent entre 90 et 120 × sur une nuit ordinaire. Monter plus haut ne montre rien de plus : l’image grossit, mais elle s’assombrit et se brouille.
| Oculaire | Grossissement | Pupille de sortie |
|---|---|---|
| 32 mm | 28 × | 2,8 mm |
| 25 mm | 36 × | 2,2 mm |
Pour cet objet, l’oculaire de 32 mm constitue le meilleur compromis sur cet instrument : il donne 28 ×, pour une pupille de sortie de 2,8 mm. Commencez toujours par le plus faible grossissement pour trouver l’objet, puis montez.
Questions fréquentes
Combien d’étoiles peut-on voir à l’œil nu dans les Pléiades ?
Cela dépend entièrement de la qualité du ciel et de l’acuité de chacun. Sous un ciel de ville, trois ou quatre étoiles seulement se détachent. Sous un ciel de campagne bien noir, après une vingtaine de minutes d’adaptation à l’obscurité, six ou sept deviennent accessibles à la plupart des observateurs, et davantage aux plus perçants. Le comptage sert d’ailleurs de test rapide de transparence du ciel.
Pourquoi confond-on souvent les Pléiades avec la Petite Ourse ?
Parce que les étoiles principales de M45 dessinent une figure de petit chariot, avec une caisse et un manche, qui évoque en miniature la forme d’une casserole. La confusion est fréquente chez les débutants. La différence est facile à trancher : les Pléiades tiennent dans une largeur de doigt tendu à bout de bras et se trouvent dans le Taureau, alors que la Petite Ourse est bien plus étendue et occupe la région du pôle nord céleste.
Faut-il un télescope pour profiter de cet amas ?
Non, et c’est plutôt l’inverse. Une paire de jumelles courantes donne sur M45 l’un des plus beaux spectacles accessibles en astronomie d’amateur, parce qu’elle offre à la fois un champ large et un grossissement modeste. Un télescope classique ne montre qu’une partie de l’amas et casse l’impression d’ensemble, sauf s’il est équipé d’un oculaire à très grand champ.
La page astronomie d’observation explique comment organiser une soirée autour de plusieurs objets de la même région du ciel.