M13, le grand amas d’Hercule, est un amas globulaire, c’est-à-dire une concentration sphérique de très nombreuses étoiles anciennes liées par la gravitation. Vu depuis la France, il se présente d’abord comme une boule floue et granuleuse, dont le centre est nettement plus lumineux que les bords. C’est en montant le grossissement qu’il change de nature : les points lumineux se détachent un à un du fond diffus.
Ce que vous verrez
À faible grossissement, autour de 50 ×, M13 ressemble à une comète sans queue : une boule floue, ronde, sans étoile individuelle discernable. Le passage se fait progressivement. À partir de 120 × sur un instrument de 150 mm, la périphérie se résout et des milliers d’étoiles apparaissent, réparties en chaînes irrégulières qui rayonnent depuis un cœur resté laiteux.
La couleur, elle, n’est pas au rendez-vous. Les étoiles d’un amas globulaire sont pour beaucoup des géantes rouges, mais leur éclat individuel reste trop faible pour activer la vision colorée : l’œil bascule alors sur les bâtonnets de la rétine, qui distinguent finement les contrastes mais pas les teintes. L’ensemble est donc gris et blanc, quelle que soit la qualité de l’instrument. La vision décalée augmente sensiblement le nombre d’étoiles perçues en périphérie.
Repères
| Désignation | M13 |
| Type d’objet | Amas globulaire |
| Magnitude apparente | 5,8 |
| Taille apparente | 20′ |
| Ascension droite (J2000) | 16 h 41 min 41 s |
| Déclinaison (J2000) | 36° 27′ 37″ |
| Hauteur maximale depuis 47° N | 79,5° |
| Grossissement conseillé | 80 à 150 × |
Sa magnitude apparente de 5,8 le place à la limite de la visibilité à l’œil nu sous un ciel très transparent, mais un simple chercheur suffit à le repérer.
Quand l’observer
| Mois | Hauteur | Azimut | Direction |
|---|---|---|---|
| Avril | 17,3° | 54,7° | nord-est |
| Mai | 35,3° | 72,1° | est-nord-est |
| Juin | 55,8° | 91,7° | est |
| Juillet | 74,8° | 128,8° | sud-est |
| Août | 74,2° | 233,7° | sud-ouest |
| Septembre | 54,4° | 269,9° | ouest |
| Octobre | 34,6° | 288,6° | ouest-nord-ouest |
Juillet donne les meilleures conditions, avec l’amas à 74,8° de hauteur vers le sud-est à 22 h ; août est presque équivalent, à 74,2° vers le sud-ouest. En avril ou en octobre, M13 tombe entre 17 et 35°, et la lumière traverse alors beaucoup plus d’atmosphère, ce qui brouille les étoiles les plus fines et rougit l’image.
Ces chiffres valent pour 22 h le 15 du mois. Le ciel tourne avec une avance d’environ quatre minutes par jour, soit deux heures par mois : ce que le tableau indique à 22 h le 15 janvier se retrouve vers 20 h le 15 février. En pratique, cela signifie qu’en juin, en veillant jusqu’à minuit, vous retrouverez les conditions annoncées pour juillet.
Comment le trouver
Hercule se reconnaît à son Trapèze, un quadrilatère d’étoiles moyennement brillantes placé entre Véga et la couronne boréale. Identifiez le côté occidental de cette figure, celui qui relie eta Herculis, en haut, à zeta Herculis, en bas. M13 se trouve sur ce segment, environ au tiers de la distance en partant de eta. Au chercheur, il apparaît comme une petite tache ronde légèrement floue, bien distincte des étoiles voisines qui restent ponctuelles. C’est le meilleur test pour confirmer que vous êtes sur la bonne cible.
Quel grossissement employer
Comptez 80 à 150 ×. Pupille de sortie de 1 à 2 mm, et montez progressivement selon la turbulence. Le grossissement égale la distance focale de l’instrument divisée par celle de l’oculaire : un tube de 1 200 mm avec un oculaire de 10 mm donne 120 ×. La pupille de sortie égale le diamètre de l’instrument divisé par le grossissement ; à 120 × sur un 150 mm, elle vaut 1,25 mm, ce qui est exactement le régime recherché pour résoudre un globulaire.
Le grossissement maximal exploitable dépasse rarement deux fois le diamètre en millimètres. La turbulence atmosphérique le limite presque toujours avant ce seuil, et la bonne méthode consiste à augmenter par paliers en observant à quel moment les étoiles cessent d’être des points nets. Pour comparer deux globulaires de la même saison, la fiche de M92, plus concentré et souvent négligé, fait un excellent complément, tout comme le reste du catalogue des objets célestes.
Avec un instrument de 80 mm
Les observations décrites sur ce site sont faites avec un instrument de 80 mm de diamètre et 900 mm de distance focale. Sur un tel instrument, le grossissement maximal exploitable tourne autour de 160 ×, et la turbulence atmosphérique le ramène le plus souvent entre 90 et 120 × sur une nuit ordinaire. Monter plus haut ne montre rien de plus : l’image grossit, mais elle s’assombrit et se brouille.
| Oculaire | Grossissement | Pupille de sortie |
|---|---|---|
| 12,5 mm | 72 × | 1,1 mm |
| 10 mm | 90 × | 0,9 mm |
| 9 mm | 100 × | 0,8 mm |
| 7,5 mm | 120 × | 0,7 mm |
| 6 mm | 150 × | 0,5 mm |
Pour cet objet, l’oculaire de 7,5 mm constitue le meilleur compromis sur cet instrument : il donne 120 ×, pour une pupille de sortie de 0,7 mm. Commencez toujours par le plus faible grossissement pour trouver l’objet, puis montez.
Questions fréquentes
Quel diamètre faut-il pour résoudre M13 en étoiles ?
Un instrument de 150 mm permet déjà de résoudre nettement la périphérie de l’amas à partir de 120 ×, tandis que le cœur reste laiteux. En dessous de ce diamètre, l’amas garde surtout un aspect granuleux, avec quelques étoiles isolées en bordure. La qualité du ciel et la stabilité de l’air comptent autant que le diamètre lui-même.
Quelle est la différence entre un amas globulaire et un amas ouvert ?
Un amas globulaire est une structure sphérique très dense, composée d’étoiles âgées, et il occupe le halo de la galaxie. Un amas ouvert est bien plus lâche, contient des étoiles jeunes et se situe dans le disque galactique. À l’oculaire, la différence saute aux yeux : le premier forme une boule compacte, le second un semis d’étoiles séparées.
Peut-on observer M13 depuis une ville ?
Oui, dans une certaine mesure. Sa lumière est concentrée sur une petite surface, ce qui le rend moins vulnérable au fond de ciel qu’une nébuleuse étendue. En zone urbaine, il reste visible comme une boule floue, mais la résolution en étoiles devient nettement plus difficile, car les composantes les plus faibles se noient dans le halo lumineux ambiant.
Les autres cibles de la belle saison sont réunies sur la page du ciel d’été, et la page astronomie d’observation donne les repères généraux.