M57, la nébuleuse de la Lyre, est une nébuleuse planétaire : l’enveloppe de gaz expulsée par une étoile en fin de vie, éclairée de l’intérieur par le noyau qu’elle a laissé. À l’oculaire, elle se présente comme un très petit anneau gris, minuscule mais parfaitement dessiné, avec un centre légèrement plus sombre que le bord.
Ce que vous verrez
La taille apparente est de 1,4′ × 1′, autrement dit une très petite fraction du diamètre de la Lune. À faible grossissement, M57 ne se distingue pas d’une étoile légèrement empâtée. C’est en montant en puissance que l’anneau se révèle, avec une forme légèrement ovale et une bordure plus lumineuse que l’intérieur. Le rendu est gris, sans exception : le vert et le rouge des photographies proviennent de raies d’émission bien réelles, mais leur intensité est trop faible pour solliciter la vision colorée de l’œil, qui ne travaille plus qu’en nuances de gris à ce niveau d’éclairement.
L’anneau supporte remarquablement bien la pollution lumineuse, parce que sa lumière est concentrée sur une surface minuscule : c’est une cible urbaine acceptable, contrairement à la plupart des nébuleuses diffuses.
Repères
| Désignation | M57 |
| Type d’objet | Nébuleuse planétaire |
| Magnitude apparente | 8,8 |
| Taille apparente | 1,4′ × 1′ |
| Ascension droite (J2000) | 18 h 53 min 35 s |
| Déclinaison (J2000) | 33° 01′ 45″ |
| Hauteur maximale depuis 47° N | 76,0° |
| Grossissement conseillé | 120 à 250 × |
Une magnitude apparente de 8,8 sur une surface aussi réduite donne un éclat de surface élevé, ce qui explique que cette nébuleuse planétaire supporte les forts grossissements.
Quand l’observer
| Mois | Hauteur | Azimut | Direction |
|---|---|---|---|
| Juin | 31,7° | 73,8° | est-nord-est |
| Juillet | 51,6° | 93,7° | est |
| Août | 70,9° | 130,8° | sud-est |
| Septembre | 72,8° | 220,9° | sud-ouest |
| Octobre | 54,8° | 262,4° | ouest |
| Novembre | 24,4° | 293,1° | ouest-nord-ouest |
Septembre est le mois le plus favorable : à 22 h, M57 culmine à 72,8° vers le sud-ouest, et la nuit est déjà complètement installée à cette heure, ce qui n’est pas le cas en juillet. En novembre, la nébuleuse est tombée à 24,4°, et cette faible hauteur pénalise sérieusement un objet aussi petit : la lumière traverse davantage d’atmosphère, l’image se trouble, les contours se brouillent et la teinte se rougit.
Les valeurs du tableau correspondent à 22 h, le 15 du mois. Le ciel se décale d’environ quatre minutes chaque jour, soit deux heures en un mois : un objet placé à 22 h le 15 janvier occupe la même position vers 20 h le 15 février. En observant plus tard dans la nuit, vous anticipez donc sur le mois suivant.
Comment le trouver
Le cheminement est direct et ne demande aucune carte détaillée. Repérez Véga, l’étoile très brillante et bleutée qui domine la Lyre en été et en automne. Juste à côté d’elle, la constellation dessine un petit parallélogramme d’étoiles plus faibles. Les deux étoiles du côté le plus éloigné de Véga sont Sheliak et Sulafat. M57 se trouve sur le segment qui les relie, à mi-distance environ. Pointez ce milieu et balayez lentement : au grossissement suffisant, l’anneau se démarque immédiatement des étoiles ponctuelles voisines.
Quel grossissement employer
Comptez 120 à 250 ×. Pupille de sortie inférieure à 1 mm, ce qui réserve cette cible aux nuits stables. Le grossissement est le rapport entre la distance focale de l’instrument et celle de l’oculaire : un tube de 1 500 mm avec un oculaire de 7 mm donne environ 214 ×. La pupille de sortie est le diamètre de l’instrument divisé par le grossissement ; à 214 × sur un 200 mm, elle vaut moins de 1 mm, ce qui assombrit le fond de ciel et fait ressortir l’anneau.
Le grossissement maximal exploitable dépasse rarement deux fois le diamètre en millimètres, et la turbulence atmosphérique le ramène en général bien en deçà. Sur M57, il faut donc choisir sa nuit : par air agité, l’anneau se dilue en une bouillie lumineuse. Pour un objet d’automne de même nature mais bien plus étendu, voyez la fiche de M27, la nébuleuse de l’Haltère, ou consultez le catalogue des objets célestes.
Avec un instrument de 80 mm
Les observations décrites sur ce site sont faites avec un instrument de 80 mm de diamètre et 900 mm de distance focale. Sur un tel instrument, le grossissement maximal exploitable tourne autour de 160 ×, et la turbulence atmosphérique le ramène le plus souvent entre 90 et 120 × sur une nuit ordinaire. Monter plus haut ne montre rien de plus : l’image grossit, mais elle s’assombrit et se brouille.
| Oculaire | Grossissement | Pupille de sortie |
|---|---|---|
| 7,5 mm | 120 × | 0,7 mm |
| 6 mm | 150 × | 0,5 mm |
La plage conseillée pour cet objet, 120 à 250 ×, dépasse ce qu’un 80 mm peut soutenir. Retenez le haut de ce que l’instrument permet : un oculaire de 7,5 mm donne 120 ×, soit une pupille de sortie de 0,7 mm. L’objet restera petit, mais il sera net les bonnes nuits.
Questions fréquentes
Pourquoi appelle-t-on M57 une nébuleuse planétaire alors qu’il n’y a aucune planète ?
Le nom vient d’une confusion historique. Dans les instruments du dix-huitième siècle, ces objets apparaissaient comme de petits disques verdâtres, d’aspect comparable à celui d’une planète comme Uranus. L’appellation est restée alors que la nature réelle de ces nébuleuses, une enveloppe de gaz éjectée par une étoile en fin d’évolution, a été comprise bien plus tard.
M57 est-elle visible avec un petit instrument ?
Oui, une lunette de 60 à 80 mm la montre déjà, à condition de grossir suffisamment. À faible puissance, elle se confond avec une étoile ; il faut atteindre une centaine de fois pour que la forme annulaire commence à se lire. Le trou central est plus difficile et demande en général davantage de diamètre et une atmosphère calme.
Un filtre améliore-t-il l’observation de l’anneau ?
Un filtre à bande étroite peut aider en ville, car il atténue le fond de ciel sans toucher aux raies d’émission de la nébuleuse. Le gain reste toutefois plus discret que sur les grandes nébuleuses diffuses, parce que M57 est déjà très contrastée par sa petitesse. Sous un ciel noir, beaucoup d’observateurs préfèrent s’en passer.
La Lyre reste accessible dès la belle saison : la page du ciel d’été et la page astronomie d’observation aident à bâtir un programme cohérent.