M31, la galaxie d’Andromède : guide d’observation

M31, la galaxie d’Andromède, à l’oculaire : apparence réelle, hauteur mois par mois depuis la France, cheminement depuis Mirach et grossissement conseillé.

Saison d’observation :

M31, la galaxie d’Andromède, est une immense galaxie spirale voisine de la nôtre, et le plus lointain objet que l’œil nu distingue sans aide depuis un ciel sombre. Elle s’y montre comme une petite écharpe floue, allongée, dépourvue de tout détail. Dans un instrument d’amateur, elle devient un fuseau lumineux à noyau brillant, dont les bras spiraux ne se dessinent pas visuellement : ce que vous verrez est un dégradé de gris, pas la spirale des photographies.

Ce que vous verrez

L’observation de M31 réserve une surprise à qui vient avec des images en tête. La galaxie couvre 178′ × 63′, soit une étendue supérieure à six pleines Lunes mises bout à bout dans sa plus grande dimension. Un grossissement élevé la fait disparaître du champ : on ne voit plus qu’une portion uniforme de son halo.

Visuellement, le noyau est une condensation nette et lumineuse, entourée d’un ovale de lumière diffuse qui s’atténue progressivement vers les bords. Aucune couleur n’apparaît : à faible luminosité, la rétine ne travaille plus qu’avec ses bâtonnets, sensibles au contraste mais insensibles à la teinte. Sous un ciel très noir et avec un instrument généreux, on devine parfois une bande sombre le long du bord nord-ouest, ainsi que les deux compagnes M32 et M110 dans le même champ.

Repères

DésignationM31
Type d’objetGalaxie
Magnitude apparente3,4
Taille apparente178′ × 63′
Ascension droite (J2000)0 h 42 min 44 s
Déclinaison (J2000)41° 16′ 09″
Hauteur maximale depuis 47° N84,3°
Grossissement conseillé20 à 40 ×

Sa magnitude apparente de 3,4 est trompeuse : cette luminosité totale se répartit sur une surface considérable, ce qui abaisse fortement l’éclat par unité de surface et rend la galaxie très sensible à la qualité du ciel.

Quand l’observer

MoisHauteurAzimutDirection
Janvier46,7°286,1°ouest-nord-ouest
Février27,7°302,2°ouest-nord-ouest
Août20,8°50,9°nord-est
Septembre38,7°67,4°est-nord-est
Octobre58,1°83,5°est
Novembre84,4°188,8°sud
Décembre67,4°267,0°ouest
Valeurs calculées le 15 de chaque mois à 22 h, heure légale française, pour le centre de la France métropolitaine (47,0° N et 2,5° E). L’azimut se compte depuis le nord, dans le sens des aiguilles d’une montre : 0° au nord, 90° à l’est, 180° au sud, 270° à l’ouest. Les mois où l’objet reste sous 15° de hauteur ne sont pas listés.

Novembre est le mois de référence : à 22 h, M31 se trouve alors à 84,4° de hauteur vers le sud, c’est-à-dire pratiquement au zénith. À l’inverse, en août ou en février, la galaxie n’est qu’à une vingtaine ou une trentaine de degrés : le rayonnement franchit alors beaucoup plus d’air, l’image perd ses détails les plus fins et se teinte de rouge, exactement comme le Soleil couchant.

Le tableau vaut pour 22 h le 15 du mois. Chaque jour, le ciel avance d’environ quatre minutes, soit deux heures gagnées en un mois : la position qu’occupe M31 à 22 h le 15 janvier est celle qu’elle occupera vers 20 h le 15 février. Décaler l’heure d’observation permet donc de retrouver les conditions d’un autre mois du tableau.

Comment le trouver

Le chemin le plus sûr part de la constellation d’Andromède elle-même. Repérez le Grand Carré de Pégase, puis la chaîne d’étoiles qui s’en détache vers le nord-est : elle commence par Alphératz, se poursuit par Mirach, puis par Almach. Depuis Mirach, l’étoile centrale de cette chaîne, remontez perpendiculairement vers le nord-ouest en passant par deux étoiles de plus en plus faibles, mu et nu d’Andromède. M31 se trouve juste au-delà de la seconde. Aux jumelles, la tache est immédiatement identifiable.

Quel grossissement employer

Restez entre 20 et 40 ×. Pupille de sortie de 4 à 6 mm, et cherchez le plus grand champ possible : c’est le seul moyen d’embrasser l’objet. Le grossissement se calcule en divisant la distance focale de l’instrument par la distance focale de l’oculaire ; un tube de 800 mm avec un oculaire de 25 mm donne 32 ×. La pupille de sortie vaut le diamètre de l’instrument divisé par le grossissement, et détermine le diamètre du pinceau lumineux qui entre dans l’œil.

Le plafond utile se situe rarement au-delà de deux fois le diamètre en millimètres, et la turbulence atmosphérique le ramène presque toujours plus bas. Pour un objet de la même saison qui demande à l’inverse un fort grossissement, voyez la fiche de M57, la nébuleuse de la Lyre. Le catalogue des objets célestes propose d’autres cibles d’automne, et la page astronomie d’observation les replace dans le cycle des saisons.

Avec un instrument de 80 mm

Les observations décrites sur ce site sont faites avec un instrument de 80 mm de diamètre et 900 mm de distance focale. Sur un tel instrument, le grossissement maximal exploitable tourne autour de 160 ×, et la turbulence atmosphérique le ramène le plus souvent entre 90 et 120 × sur une nuit ordinaire. Monter plus haut ne montre rien de plus : l’image grossit, mais elle s’assombrit et se brouille.

OculaireGrossissementPupille de sortie
32 mm28 ×2,8 mm
25 mm36 ×2,2 mm
Valeurs pour un instrument de 80 mm de diamètre et 900 mm de distance focale. Le grossissement vaut la focale de l’instrument divisée par celle de l’oculaire ; la pupille de sortie vaut le diamètre divisé par le grossissement.

Pour cet objet, l’oculaire de 32 mm constitue le meilleur compromis sur cet instrument : il donne 28 ×, pour une pupille de sortie de 2,8 mm. Commencez toujours par le plus faible grossissement pour trouver l’objet, puis montez.

Questions fréquentes

Pourquoi la galaxie d’Andromède paraît-elle moins belle qu’aux jumelles quand je la mets au télescope ?

Parce que M31 est beaucoup plus grande que le champ de vision d’un télescope à fort grossissement. Aux jumelles, vous embrassez la galaxie entière et percevez sa forme allongée. Au télescope grossissant, vous n’examinez qu’une petite région du halo, sans contour ni structure. Choisissez l’oculaire de plus longue focale dont vous disposez pour retrouver la silhouette complète.

Peut-on voir M31 à l’œil nu ?

Oui, sous un ciel suffisamment sombre et une fois l’œil adapté à l’obscurité pendant une vingtaine de minutes. Elle se manifeste comme une petite tache allongée et très pâle, sans netteté. Depuis une zone touchée par la pollution lumineuse, elle devient en revanche invisible sans instrument, car son éclat de surface est faible.

Verra-t-on les bras spiraux dans un télescope d’amateur ?

Non, pas comme sur les photographies. M31 nous est présentée très inclinée par rapport à notre ligne de visée, ce qui écrase la spirale et la réduit à un fuseau. Ce que l’on peut espérer distinguer, sous un ciel noir et avec un diamètre confortable, ce sont une ou deux bandes d’absorption sombres qui longent le bord de la galaxie, et non des bras dessinés.

M31 reste bien placée jusqu’en plein hiver : la page du ciel d’hiver indique avec quels autres objets l’associer en fin de saison.