NGC 869 et NGC 884 forment le double amas de Persée, deux amas ouverts riches et voisins, situés entre Persée et Cassiopée. Leur particularité est de tenir ensemble dans un même champ à faible grossissement, ce qui produit l’un des plus beaux spectacles accessibles à une simple paire de jumelles. Sous un ciel sombre, l’ensemble se devine même à l’œil nu comme une double condensation laiteuse de la Voie lactée.
Ce que vous verrez
Voici l’un des rares objets du ciel profond dont la réalité visuelle rivalise avec les images. Deux essaims d’étoiles occupent le même champ, chacun avec un cœur dense et des chaînes qui s’en échappent, séparés par un intervalle plus pauvre. L’impression de profondeur est saisissante, et le spectacle ne dépend ni d’un grand diamètre ni d’un site exceptionnel.
La question des couleurs mérite d’être posée. Quelques étoiles parmi les plus brillantes du champ paraissent légèrement teintées à certains observateurs, mais la grande majorité des composantes reste blanche ou grise : en faible lumière, l’œil s’appuie sur ses bâtonnets rétiniens, insensibles à la teinte. L’intérêt de ces amas ouverts tient à leur richesse, pas à leur palette.
Repères
| Désignation | NGC 869 et NGC 884 |
| Type d’objet | Amas ouverts |
| Magnitude apparente | 4,3 |
| Taille apparente | 60′ |
| Ascension droite (J2000) | 2 h 21 min 00 s |
| Déclinaison (J2000) | 57° 08′ 00″ |
| Hauteur maximale depuis 47° N | 79,9° |
| Grossissement conseillé | 20 à 40 × |
La magnitude apparente de 4,3 indiquée ici vaut pour l’ensemble, réparti sur 60′ : cette luminosité globale explique la visibilité à l’œil nu sous un ciel préservé.
Quand l’observer
| Mois | Hauteur | Azimut | Direction |
|---|---|---|---|
| Janvier | 65,5° | 308,4° | nord-ouest |
| Février | 49,2° | 310,2° | nord-ouest |
| Mars | 35,7° | 318,5° | nord-ouest |
| Avril | 29,1° | 324,6° | nord-ouest |
| Mai | 19,4° | 338,4° | nord-nord-ouest |
| Juillet | 15,6° | 11,2° | nord |
| Août | 22,4° | 26,9° | nord-nord-est |
| Septembre | 34,0° | 40,2° | nord-est |
| Octobre | 48,3° | 49,4° | nord-est |
| Novembre | 72,4° | 45,7° | nord-est |
| Décembre | 79,1° | 342,5° | nord-nord-ouest |
Le double amas est visible presque toute l’année depuis la France, sa position très septentrionale le maintenant au-dessus de l’horizon en permanence. Décembre est le mois optimal, avec 79,1° de hauteur vers le nord-nord-ouest à 22 h, tout près du maximum possible de 79,9°. Le creux se situe en juillet, à 15,6° : à cette hauteur, la lumière traverse beaucoup plus d’atmosphère, l’image devient trouble et se teinte de rouge, et les étoiles fines perdent leur netteté.
Toutes ces valeurs correspondent à 22 h le 15 du mois. Le ciel avance d’environ quatre minutes par jour, soit deux heures par mois : la configuration observée à 22 h le 15 janvier se retrouve vers 20 h le 15 février. En octobre, veiller jusqu’à minuit revient donc à retrouver les conditions annoncées pour novembre. La page du ciel d’hiver rassemble les autres cibles de la période.
Comment le trouver
Le chemin le plus court part de Cassiopée, dont les cinq étoiles principales dessinent un W très reconnaissable. Repérez la branche du W la plus proche de Persée, puis prolongez la direction générale du dernier segment vers Persée, dont l’étoile principale, Mirfak, marque le pivot d’une chaîne d’étoiles courbe. Le double amas se situe à mi-chemin environ entre Cassiopée et Mirfak. Sous un ciel correct, il se manifeste déjà à l’œil nu comme une petite tache allongée et diffuse, ce qui confirme le pointage sans instrument.
Quel grossissement employer
Restez entre 20 et 40 ×. Pupille de sortie de 4 à 6 mm, et cherchez le plus grand champ possible, faute de quoi les deux amas ne tiendront pas ensemble. Le grossissement se calcule en divisant la distance focale de l’instrument par celle de l’oculaire : 600 mm avec un oculaire de 25 mm donnent 24 ×. La pupille de sortie vaut le diamètre de l’instrument divisé par le grossissement, et une valeur haute convient bien à un champ stellaire large.
Le grossissement maximal exploitable dépasse rarement deux fois le diamètre en millimètres, et la turbulence atmosphérique impose en général une limite plus basse. Sur cet objet, le plafond n’a aucune importance : c’est le champ qui décide de la réussite, et un instrument à court rapport focal ou de simples jumelles battent souvent un télescope puissant. Pour une autre cible d’hiver, voyez la fiche de M36, l’amas du Cocher, et le catalogue des objets célestes.
Avec un instrument de 80 mm
Les observations décrites sur ce site sont faites avec un instrument de 80 mm de diamètre et 900 mm de distance focale. Sur un tel instrument, le grossissement maximal exploitable tourne autour de 160 ×, et la turbulence atmosphérique le ramène le plus souvent entre 90 et 120 × sur une nuit ordinaire. Monter plus haut ne montre rien de plus : l’image grossit, mais elle s’assombrit et se brouille.
| Oculaire | Grossissement | Pupille de sortie |
|---|---|---|
| 32 mm | 28 × | 2,8 mm |
| 25 mm | 36 × | 2,2 mm |
Pour cet objet, l’oculaire de 32 mm constitue le meilleur compromis sur cet instrument : il donne 28 ×, pour une pupille de sortie de 2,8 mm. Commencez toujours par le plus faible grossissement pour trouver l’objet, puis montez.
Questions fréquentes
Pourquoi le double amas ne figure-t-il pas au catalogue de Messier ?
Parce que ce catalogue recensait les objets diffus susceptibles d’être confondus avec des comètes, ce qui n’était pas le cas d’un groupement d’étoiles aussi évident et connu depuis l’Antiquité. Les deux amas portent donc leurs désignations du New General Catalogue, NGC 869 et NGC 884, sans que cela dise quoi que ce soit de leur intérêt visuel, qui est considérable.
Faut-il un télescope pour observer le double amas de Persée ?
Non, et beaucoup d’observateurs expérimentés le préfèrent aux jumelles. Celles-ci offrent le champ large indispensable pour contenir les deux amas et les voir dans leur environnement stellaire. Un télescope à long rapport focal n’en montre qu’une partie et casse l’effet de couple, sauf s’il est équipé d’un oculaire à très grand champ.
Les deux amas sont-ils réellement liés ?
Ils sont situés à des distances comparables et appartiennent à la même région de formation stellaire de notre galaxie, ce qui explique leur proximité apparente. Le détail de leur relation physique et de leur âge respectif relève de mesures spécialisées. [À FOURNIR : distances respectives de NGC 869 et NGC 884 et nature exacte de leur association]
La page astronomie d’observation rassemble les notions utiles avant de sortir, du choix du site à l’adaptation de l’œil à l’obscurité.