M36 est un amas ouvert du Cocher, le premier des trois que cette constellation aligne avec M37 et M38. Il rassemble quelques dizaines d’étoiles assez brillantes sur une surface réduite, ce qui lui donne un aspect net et bien détaché du fond de ciel. Dans un instrument d’amateur, il se résout entièrement en étoiles dès un grossissement modéré, sans halo laiteux résiduel.
Ce que vous verrez
M36 est un amas franc, sans ambiguïté. Ses composantes sont peu nombreuses mais individuellement lumineuses, et elles se séparent immédiatement, formant des chaînes et des paires qui rendent le champ agréable à parcourir. Comparé à M37, plus riche et plus peuplé, il paraît plus dépouillé, ce qui n’est pas un défaut : la structure du groupe se lit mieux, et l’on distingue clairement où l’amas s’arrête et où le fond stellaire reprend.
Les couleurs restent hors de portée. Même sur un amas ouvert dont les étoiles sont relativement brillantes, le niveau d’éclairement reste sous le seuil de la vision colorée : l’œil bascule sur ses bâtonnets rétiniens, qui perçoivent finement les contrastes mais ignorent les teintes. Les étoiles apparaissent donc blanches ou légèrement grises, et les nuances des photographies ne se retrouvent pas à l’oculaire.
Repères
| Désignation | M36 |
| Type d’objet | Amas ouvert |
| Magnitude apparente | 6,3 |
| Taille apparente | 12′ |
| Ascension droite (J2000) | 5 h 36 min 18 s |
| Déclinaison (J2000) | 34° 08′ 24″ |
| Hauteur maximale depuis 47° N | 77,1° |
| Grossissement conseillé | 30 à 60 × |
Une magnitude apparente de 6,3 concentrée sur 12′ donne un objet compact et contrasté, ce qui le rend accessible même sous un ciel moyennement sombre.
Quand l’observer
| Mois | Hauteur | Azimut | Direction |
|---|---|---|---|
| Janvier | 74,3° | 140,7° | sud-est |
| Février | 71,0° | 234,2° | sud-ouest |
| Mars | 53,2° | 266,6° | ouest |
| Avril | 42,7° | 277,5° | ouest |
| Mai | 23,4° | 295,6° | ouest-nord-ouest |
| Novembre | 35,6° | 75,8° | est-nord-est |
| Décembre | 55,6° | 96,2° | est |
Janvier place M36 à 74,3° de hauteur vers le sud-est à 22 h, tout près de son maximum possible de 77,1°. Février reste excellent avec 71,0°. C’est une position privilégiée : à cette élévation, l’épaisseur d’atmosphère traversée est presque minimale et les étoiles conservent tout leur piqué. En mai, en revanche, l’amas est descendu à 23,4°, et la différence se voit aussitôt : plus l’objet est bas, plus l’air trouble l’image, atténue le contraste et lui donne une dominante rouge.
Les chiffres correspondent à 22 h le 15 du mois. Le ciel prend chaque jour environ quatre minutes d’avance, soit deux heures en un mois : un objet vu à 22 h le 15 janvier occupe la même position vers 20 h le 15 février. En décembre, il suffit donc de patienter jusqu’à minuit pour retrouver les conditions du mois de janvier.
Comment le trouver
Le Cocher se repère à Capella, une étoile très brillante et jaunâtre haut dans le ciel d’hiver, autour de laquelle les étoiles principales dessinent un grand pentagone. M36 se trouve à l’intérieur de cette figure, dans sa moitié orientée vers le Taureau et les Gémeaux, non loin de la ligne qui joint Capella à El Nath, l’étoile partagée avec la corne du Taureau. En balayant lentement cette zone au chercheur, on rencontre successivement trois petites taches floues : ce sont M38, M36 et M37, alignées en travers du pentagone.
Quel grossissement employer
Comptez 30 à 60 ×. Pupille de sortie de 3 à 5 mm. Le grossissement est la distance focale de l’instrument divisée par celle de l’oculaire : un tube de 900 mm avec un oculaire de 18 mm donne 50 ×. La pupille de sortie est le diamètre de l’instrument divisé par le grossissement ; à 50 × sur un 150 mm, elle vaut 3 mm, une valeur qui laisse un champ confortable tout en séparant nettement les étoiles.
Le grossissement maximal exploitable dépasse rarement deux fois le diamètre en millimètres, et la turbulence atmosphérique le ramène presque toujours plus bas. Sur un amas ouvert compact comme M36, il n’y a aucun bénéfice à approcher ce plafond : au-delà d’un certain point, on ne fait qu’écarter les étoiles sans rien révéler de plus. La fiche de M37, l’amas riche du Cocher, poursuit naturellement la visite, comme le catalogue des objets célestes.
Avec un instrument de 80 mm
Les observations décrites sur ce site sont faites avec un instrument de 80 mm de diamètre et 900 mm de distance focale. Sur un tel instrument, le grossissement maximal exploitable tourne autour de 160 ×, et la turbulence atmosphérique le ramène le plus souvent entre 90 et 120 × sur une nuit ordinaire. Monter plus haut ne montre rien de plus : l’image grossit, mais elle s’assombrit et se brouille.
| Oculaire | Grossissement | Pupille de sortie |
|---|---|---|
| 32 mm | 28 × | 2,8 mm |
| 25 mm | 36 × | 2,2 mm |
| 20 mm | 45 × | 1,8 mm |
| 15 mm | 60 × | 1,3 mm |
Pour cet objet, l’oculaire de 20 mm constitue le meilleur compromis sur cet instrument : il donne 45 ×, pour une pupille de sortie de 1,8 mm. Commencez toujours par le plus faible grossissement pour trouver l’objet, puis montez.
Questions fréquentes
Quels sont les trois amas du Cocher et comment les distinguer ?
Il s’agit de M36, M37 et M38, trois amas ouverts alignés dans la même région de la constellation. M36 est le plus compact et le plus dépouillé, M37 le plus riche avec plusieurs centaines d’étoiles serrées, et M38 présente une forme plus lâche et irrégulière. Les parcourir dans la même soirée avec le même oculaire est le meilleur moyen de saisir leurs différences.
M36 est-il visible depuis une ville ?
Oui, raisonnablement. Un amas ouvert composé d’étoiles ponctuelles résiste mieux à la pollution lumineuse qu’une nébuleuse étendue, car chaque étoile conserve son éclat même si le fond de ciel s’éclaircit. Vous perdrez les composantes les plus faibles, et l’amas paraîtra moins fourni, mais sa structure principale restera parfaitement lisible.
Faut-il commencer par M36 ou par M37 ?
Commencer par M36 a l’avantage de la simplicité : il est compact, facile à identifier, et sert de point de calage dans une région riche en étoiles. Passer ensuite à M37 met en valeur la densité de ce dernier par contraste. L’ordre inverse fonctionne aussi, mais M36 risque alors de paraître pauvre, ce qui serait injuste.
Le Cocher domine les longues nuits froides : voyez la page du ciel d’hiver et la page astronomie d’observation.