M15 est un amas globulaire de la constellation de Pégase, remarquable par la concentration extrême de son noyau. Il rassemble en une sphère compacte un très grand nombre d’étoiles anciennes. À l’oculaire, il se présente comme une boule lumineuse au centre presque ponctuel, entourée d’un halo qui s’estompe progressivement. Il figure parmi les cibles d’automne les plus faciles à trouver, car son point de départ est une étoile brillante et isolée.
Ce que vous verrez
La signature de M15 est son noyau, beaucoup plus resserré que celui de la plupart des amas globulaires. Même à fort grossissement, le centre conserve un aspect laiteux et refuse de se résoudre, tandis que la périphérie se granule puis se sépare en étoiles distinctes.
Il n’y a aucune couleur à espérer. Les étoiles d’un amas globulaire sont individuellement trop faibles pour activer les cônes de la rétine, seuls responsables de la vision colorée ; c’est la vision par les bâtonnets qui prend le relais, et elle ne restitue que des nuances de gris. En revanche, le contraste est excellent, car la lumière est concentrée sur une petite surface : M15 supporte bien un ciel imparfait, à l’inverse des nébuleuses étendues.
Repères
| Désignation | M15 |
| Type d’objet | Amas globulaire |
| Magnitude apparente | 6,2 |
| Taille apparente | 18′ |
| Ascension droite (J2000) | 21 h 29 min 58 s |
| Déclinaison (J2000) | 12° 10′ 01″ |
| Hauteur maximale depuis 47° N | 55,2° |
| Grossissement conseillé | 80 à 150 × |
Avec une magnitude apparente de 6,2 pour 18′ d’étendue apparente, M15 reste hors de portée de l’œil nu mais se montre sans difficulté au chercheur.
Quand l’observer
| Mois | Hauteur | Azimut | Direction |
|---|---|---|---|
| Août | 31,7° | 107,2° | est-sud-est |
| Septembre | 49,1° | 139,5° | sud-est |
| Octobre | 55,1° | 186,5° | sud |
| Novembre | 36,1° | 246,7° | ouest-sud-ouest |
| Décembre | 16,5° | 270,5° | ouest |
Octobre est le mois de référence : à 22 h, M15 se trouve à 55,1° de hauteur plein sud, c’est-à-dire pratiquement à sa hauteur maximale possible depuis 47° de latitude nord. En décembre, l’amas est retombé à 16,5°, et l’observation devient difficile : à cette hauteur, la lumière traverse plusieurs fois plus d’atmosphère qu’au zénith, ce qui brouille la résolution des étoiles périphériques et donne à l’image une dominante rouge.
Les valeurs sont celles de 22 h le 15 du mois. Le ciel se décale d’environ quatre minutes par jour, soit deux heures par mois : un objet observé à 22 h le 15 janvier occupe la même position vers 20 h le 15 février. Sur M15, cela veut dire qu’en septembre une veille prolongée jusqu’à minuit reproduit déjà les conditions annoncées pour octobre.
Comment le trouver
Le repérage est simple et fiable. Identifiez d’abord le Grand Carré de Pégase, quatre étoiles formant un vaste quadrilatère bien visible en automne. De l’angle sud-ouest du carré part une file d’étoiles qui dessine l’encolure et la tête du cheval : elle se termine par Enif, une étoile orangée assez brillante, qui marque le nez de l’animal. M15 se situe à courte distance d’Enif, du côté opposé au Carré. Deux ou trois champs de chercheur suffisent, et l’amas apparaît immédiatement comme une petite tache ronde et floue.
Quel grossissement employer
Comptez 80 à 150 ×. Pupille de sortie de 1 à 2 mm, en montant progressivement selon la turbulence. Le grossissement égale la distance focale de l’instrument divisée par celle de l’oculaire : un tube de 1 000 mm avec un oculaire de 8 mm donne 125 ×. La pupille de sortie égale le diamètre de l’instrument divisé par le grossissement ; à 125 × sur un 200 mm, elle vaut 1,6 mm, ce qui correspond exactement au régime recherché.
Le grossissement maximal exploitable dépasse rarement deux fois le diamètre en millimètres, et la turbulence atmosphérique impose le plus souvent une limite bien inférieure. Sur M15, la méthode consiste à monter par paliers jusqu’à ce que les étoiles périphériques cessent d’être piquées. Pour comparer avec un amas de structure différente, la fiche de M11, l’amas du Canard sauvage, offre un bon contrepoint, et le catalogue des objets célestes rassemble les autres cibles.
Avec un instrument de 80 mm
Les observations décrites sur ce site sont faites avec un instrument de 80 mm de diamètre et 900 mm de distance focale. Sur un tel instrument, le grossissement maximal exploitable tourne autour de 160 ×, et la turbulence atmosphérique le ramène le plus souvent entre 90 et 120 × sur une nuit ordinaire. Monter plus haut ne montre rien de plus : l’image grossit, mais elle s’assombrit et se brouille.
| Oculaire | Grossissement | Pupille de sortie |
|---|---|---|
| 12,5 mm | 72 × | 1,1 mm |
| 10 mm | 90 × | 0,9 mm |
| 9 mm | 100 × | 0,8 mm |
| 7,5 mm | 120 × | 0,7 mm |
| 6 mm | 150 × | 0,5 mm |
Pour cet objet, l’oculaire de 7,5 mm constitue le meilleur compromis sur cet instrument : il donne 120 ×, pour une pupille de sortie de 0,7 mm. Commencez toujours par le plus faible grossissement pour trouver l’objet, puis montez.
Questions fréquentes
Pourquoi le centre de M15 reste-t-il flou même à fort grossissement ?
Parce que la densité d’étoiles y est telle que leurs images se chevauchent dans l’instrument. Séparer ces composantes demanderait un pouvoir de résolution hors de portée des diamètres amateurs, et la turbulence atmosphérique s’y opposerait de toute façon. Ce cœur laiteux irréductible est justement ce qui caractérise M15 par rapport à des globulaires plus lâches.
M15 est-il visible depuis une zone urbaine ?
Oui, dans une certaine mesure. Sa lumière est concentrée, donc il se détache mieux du fond de ciel que les objets étendus. Sous pollution lumineuse, il conserve l’aspect d’une boule floue, mais la résolution en étoiles individuelles devient nettement plus difficile, car les composantes périphériques sont les premières à se noyer dans le halo ambiant.
Quelle est la meilleure période de la nuit pour l’observer ?
Le moment où il passe au plus haut dans le ciel, c’est-à-dire lors de son passage au méridien plein sud. En octobre, cela correspond à peu près à 22 h ; en septembre, il faut attendre environ deux heures de plus, le ciel se décalant de deux heures par mois. Observer un objet au moment de sa culmination réduit au minimum l’épaisseur d’atmosphère traversée.
Pégase se lève dès la fin de l’été : voyez la page du ciel d’été pour les premières soirées, et la page astronomie d’observation pour les repères d’ensemble.