M35, l’amas ouvert des Gémeaux : guide d’observation

M35, l’amas ouvert des Gémeaux : apparence réelle aux jumelles et au télescope, hauteur mois par mois depuis la France, repérage et grossissement utile.

Saison d’observation :

M35 est un amas ouvert situé au pied des Gémeaux, près de la frontière avec le Taureau et Orion. Il s’agit d’un large tapis d’étoiles, étalé sur une surface comparable à celle de la pleine Lune, dont les composantes se séparent aisément dans un petit instrument. Un second amas beaucoup plus petit et plus lointain, NGC 2158, apparaît en bordure du même champ, ce qui offre une comparaison instructive.

Ce que vous verrez

M35 se donne facilement. Aux jumelles, il forme déjà une tache granuleuse évidente ; dans une lunette ou un télescope à grossissement modéré, il se résout complètement en dizaines d’étoiles réparties de façon irrégulière, avec des chaînes et des vides qui structurent le champ.

Le point remarquable est la présence de NGC 2158 en bordure de champ : un petit amas beaucoup plus compact et plus faible, qui garde un aspect flou là où M35 est résolu. Le contraste entre les deux illustre ce que produit l’éloignement. Quant aux couleurs, il ne faut rien en attendre : quelques étoiles parmi les plus brillantes peuvent suggérer une nuance chaude, mais l’ensemble reste blanc et gris, car l’œil ne perçoit plus les teintes une fois passé sous le seuil de la vision diurne. La vision décalée fait apparaître les composantes les plus faibles.

Repères

DésignationM35
Type d’objetAmas ouvert
Magnitude apparente5,1
Taille apparente28′
Ascension droite (J2000)6 h 09 min 00 s
Déclinaison (J2000)24° 21′ 00″
Hauteur maximale depuis 47° N67,4°
Grossissement conseillé30 à 60 ×

Sa magnitude apparente de 5,1 le rend théoriquement accessible à l’œil nu sous un ciel très noir, mais son étalement sur 28′ en fait plutôt un objet de jumelles.

Quand l’observer

MoisHauteurAzimutDirection
Janvier62,3°137,8°sud-est
Février65,9°203,9°sud-sud-ouest
Mars52,2°246,6°ouest-sud-ouest
Avril42,1°261,1°ouest
Mai22,1°282,6°ouest-nord-ouest
Novembre23,9°79,2°est
Décembre43,9°101,1°est
Valeurs calculées le 15 de chaque mois à 22 h, heure légale française, pour le centre de la France métropolitaine (47,0° N et 2,5° E). L’azimut se compte depuis le nord, dans le sens des aiguilles d’une montre : 0° au nord, 90° à l’est, 180° au sud, 270° à l’ouest. Les mois où l’objet reste sous 15° de hauteur ne sont pas listés.

Février offre les meilleures conditions, avec l’amas à 65,9° de hauteur vers le sud-sud-ouest à 22 h, tout près de sa hauteur maximale de 67,4°. Janvier n’est guère moins bon. À l’autre extrémité, en mai, M35 est descendu à 22,1° : la lumière traverse alors une couche d’air bien plus épaisse, les étoiles perdent leur piqué, l’image se trouble et se teinte de rouge.

Le tableau donne la situation à 22 h le 15 du mois. Le ciel avance d’environ quatre minutes par jour, soit deux heures par mois : la position occupée à 22 h le 15 janvier se retrouve vers 20 h le 15 février. En décembre, il suffit donc de patienter jusqu’à minuit pour retrouver les conditions de janvier. La page du ciel d’hiver détaille le reste du programme saisonnier.

Comment le trouver

Les Gémeaux se repèrent à leurs deux étoiles brillantes, Castor et Pollux, d’où partent deux files d’étoiles à peu près parallèles qui descendent vers Orion. Suivez la file qui part de Castor jusqu’à son extrémité, du côté opposé aux deux étoiles principales : elle se termine par les étoiles qui marquent le pied du personnage, à la limite du Taureau. M35 se trouve juste à côté de cette extrémité. Au chercheur, il apparaît comme une tache floue distincte, difficile à manquer une fois la file suivie jusqu’au bout.

Quel grossissement employer

Comptez 30 à 60 ×. Pupille de sortie de 3 à 5 mm. Le grossissement se calcule en divisant la distance focale de l’instrument par celle de l’oculaire : un tube de 750 mm équipé d’un oculaire de 20 mm donne environ 38 ×. La pupille de sortie vaut le diamètre de l’instrument divisé par le grossissement, et une valeur de 3 à 5 mm laisse le champ suffisamment large pour contenir l’amas et sa petite voisine NGC 2158.

Le grossissement maximal exploitable dépasse rarement deux fois le diamètre en millimètres, et la turbulence atmosphérique impose presque toujours une limite plus basse. Sur M35, ce plafond n’est de toute façon pas la contrainte : c’est l’étendue du champ qui compte. Pour rester dans la même région du ciel, la fiche de M37, l’amas riche du Cocher, prolonge bien la soirée, comme le reste du catalogue des objets célestes.

Avec un instrument de 80 mm

Les observations décrites sur ce site sont faites avec un instrument de 80 mm de diamètre et 900 mm de distance focale. Sur un tel instrument, le grossissement maximal exploitable tourne autour de 160 ×, et la turbulence atmosphérique le ramène le plus souvent entre 90 et 120 × sur une nuit ordinaire. Monter plus haut ne montre rien de plus : l’image grossit, mais elle s’assombrit et se brouille.

OculaireGrossissementPupille de sortie
32 mm28 ×2,8 mm
25 mm36 ×2,2 mm
20 mm45 ×1,8 mm
15 mm60 ×1,3 mm
Valeurs pour un instrument de 80 mm de diamètre et 900 mm de distance focale. Le grossissement vaut la focale de l’instrument divisée par celle de l’oculaire ; la pupille de sortie vaut le diamètre divisé par le grossissement.

Pour cet objet, l’oculaire de 20 mm constitue le meilleur compromis sur cet instrument : il donne 45 ×, pour une pupille de sortie de 1,8 mm. Commencez toujours par le plus faible grossissement pour trouver l’objet, puis montez.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le petit amas visible à côté de M35 ?

Il s’agit de NGC 2158, un amas ouvert nettement plus lointain que M35, ce qui explique qu’il paraisse à la fois plus petit et plus faible. Dans un instrument d’amateur, il conserve un aspect de tache granuleuse là où M35 se résout complètement. Le voir dans le même champ donne une bonne intuition de ce que l’éloignement fait à l’apparence d’un objet.

M35 est-il visible à l’œil nu ?

Sous un ciel très sombre et avec un œil bien adapté, il peut se deviner comme une petite lueur diffuse au pied des Gémeaux. Sa magnitude globale le permettrait, mais sa lumière est répartie sur une surface large, ce qui abaisse son éclat de surface. Dès qu’un halo urbain intervient, il disparaît complètement sans instrument.

Vaut-il mieux des jumelles ou un télescope pour cet amas ?

Les deux fonctionnent, mais ils ne montrent pas la même chose. Les jumelles donnent une vue d’ensemble avec une belle intégration dans le champ stellaire environnant. Un télescope à grossissement modéré résout davantage d’étoiles et permet de distinguer NGC 2158, invisible aux jumelles. Le mieux est d’enchaîner les deux au cours de la même soirée.

La page astronomie d’observation explique comment enchaîner plusieurs objets d’une même région du ciel en une seule soirée.